Thierry de Gap était un homme pressé. Il passait ses journées a courir d'un endroit à l'autre donnant ses ordres en marchant sans s'assurer d'être compris. Le capitaine de la garnison de Metz était, pourtant, un meneur d'homme né. Il pouvait galvaniser ses troupes par un discours plein d'emphase, il menait les charges au milieu de ses soldats, buvait la même eau, mangeait la même bouillie. Il était craint et respecté par ses hommes.

Messir Thierry n'était pas d'un noble lignage, il avait battît sa réputation grâce à ses victoires et son habileté à gérer et mener les troupes. Au fil des ans, le petit sergent qu'il était se fit remarquer par Pepin de Herstael, gravissant les échelons à grande vitesse il se retrouva bientôt capitaine de la garnison de la ville de Metz. Plus tard, Pepin cherchant à protéger sa capital, l'avait nommé maire et gardien de la ville. Lorsqu'il appris l'arrivée de Charles, Thierry ne savait pas quelle attitude adopter. Il aimait le Duc de Herstael mais jusqu'ici il avait réussi à se tenir à l'écart du conflit entre Plectrude et son ami. Ne prenant pas position, il espérait se ranger du côté du plus fort le moment venu. Charles en avait décidé autrement et il savait que le choix qu'il allait faire déterminerait certainement la suite de sa vie.

En ces temps incertains, il fallait agir vite et ne pas se tromper. Plusieurs camps s'opposait farouchement d'abord Plectrude héritière de son mari Pepin qui défendait la mairie d'Austratie au nom de son petit-fils Théodobald. Ensuite Rainfroi, Duc de Neustrie profitant de la relative faiblesse de l'Austratie pour asseoir son autorité sur le royaume Franc. Les troupes mobilisées, les étendards levées, c'est ce dernier qui prit l'avantage, en remportant une victoire importante dans la fôret de Cuise

Il fit attendre le Duc dans une petite pièce à côté de son bureau, demanda a entendre le rapport de ses sergents avant de rencontrer. Si l'avenir de Charles était incertain, celui de Plectrude l'était encore plus. Le rapport que Thierry reçu amenait à penser que la victoire et par la même occasion, le pouvoir, pouvait basculer d'un côté ou de l'autre. Le capitaine allait devoir faire ce pourquoi il était le moins doué: Choisir son camps.