Leur ébats terminée, Plectrude, comme elle en avait pris l'habitude, commença à laisser échapper ses pensées auprès d'Hector d'Aix. Lovée dans les bras de son jeune amant, la veuve de Pépin de Herstael rageait contre son beau-fils et le roi Dagobert.

- Méchant petit roi, dit-elle en caressant le bras de son serviteur.

- Puis-je vous être d'une quelconque utilité? Demanda Hector d'un air naïf et détaché.

Plectrude se retourna sur elle-même, écrasant par la même occasion sa poitrine dénudée sur le torse velu du jeune homme. Elle le regarda dans les yeux un long moment en silence. Soudain elle sourit et l'embrassa puis, elle se redressa légèrement.

- Je voudrais que tu le tue. Dit-elle tout en l'embrassant.

Hector triomphait, c'était la seconde fois qu'on faisait appel à lui pour ce genre de tâche. D'abord, pour Grimoald, maire de Neustrasie, assassiné alors qu'il se rendait au chevet du duc de Herstael. Il avait réussi à faire accuser un pauvre rebelle qui avait eu le tord de croiser sa route. Mais Plectrude lui demandait d'assassiner le roi sans jamais se douter qu'il avait déjà assasiné son fils. Cruelle coincidance dont Hector s'amusait. Avec une tel proposition, il était certain qu'elle ne lui refuserait plus rien. Il se voyait déjà maire du palais d'Austrasie. Toujours allongée sur le torse de son amant, Plectrude avait imaginé un scénario qui, si les choses se passaient comme elle l'espérait, pouvait faire d'elle la personnalité la plus importante du royaume des Francs. Avec la mort de Dagobert, elle espérait que le Duc d'Austrasie s'allie avec le maire du palais de Neustrie, Raganfred afin de nommer Chilpéric comme roi. Si c'était le cas, elle aurait alors une bonne occasion pour lever une armée et chasser une bonne fois pour toute deux de ses puissants ennemis. Hector quant à lui espérait épouser Plectrude et devenir ainsi maire du palais d'Austrasie. De ces deux personnages, il n'y en avait pas un pour imaginer un seul instant que la révolution qu'ils croyaient préparer pourrait se retourner contre eux.

Pendant ce temps-là, Charles et son ami Henri de Haiseult chevauchaient à grand galops, en direction du nord vers la ville de Metz. Dans les jours qui suivi son évasion, Charles de Herstael avait décidé de s'éloigner un maximum de Plectrude et de ses acolytes. Quand ils arrivèrent en vue des fortifications de la ville, la nouvelle de sa libération avait déjà fait alimenter bien des conversations. Metz était la capital de l'Austrasie, bien que Plectrude et son père, Pépin, préféraient demeurer dans leur château de Herstal, le centre de l'Austrasie était cette belle ville de Metz.

- Enfin, dit Charles en apercevant les contreforts de la ville, tu peux me croire, rien ne pouvait me faire plus plaisir aujourd'hui que de rentrer dans ma capital.

- Monseigneur, ne craignez-vous pas de ne pas y être le bienvenu? Demanda Henri

Tout en caressant les flancs de son cheval, Charles observa un moment Le conte d'Haiseult, comme s'il ne comprenait pas le sens de ses paroles. Après tout, n'était-il pas l'héritier légitime de son père défun?

Semblant deviner l'interrogation de son ami, Henri osa quelques explications.

- Plectrude est certes la plus mauvaise des femmes, mais elle pense à Théodobald, lui aussi est légitime.

- Cet enfant de six ans? S'emporta le Duc d'Austrasie