Le Commandant Dejond n'était pas homme à se soucier des détails, mais il y avait le protocole, ce protocole qu'il avait lui-même bafoué lors de ce qui est devenu la plus grande bataille de l'histoire de l'humanité. En effet, Casimir Dejond avait, au péril de sa vie et contre tous les règlements de la confédération, pulvérisé le vaisseau Mère providiens.

Mais aujourd'hui, Dejond doit se soumettre au protocole. En effet, il devait passer en revue les troupes, du moins ce que la bataille en avait laissé... Car la Terre n'étant plus qu'un gigantesque brasier, il n'y avait plus que la Colonie Lunaire et son petit 10 millions d'âmes pour représenter la race humaine... De ces 10 millions de survivants, Dejond ne pouvait plus compter que sur une armée de cent mille hommes et femmes. Un bien maigre contingent face aux millions de soldats providiens prêts à exterminer la race humaine.

Le voici donc occupé à passer en revue l'escadron 4 du Victory, qui par la force des choses deviendra après la cérémonie, le 1er escadron Confédéral. Escadron qui a en charge la protection des personnalités ! Personnalités bien moins nombreuses qu'avant la guerre. Car il n'y avait plus de président de la Confédération, plus de ministres, plus d'ambassadeurs, tous avaient péri lors de la bataille entre la race humaine et les Providiens, cette race austère qui ne songe qu'à son propre intérêt. Des milliards d'humains il ne restait donc plus que quelques millions d'âmes, de ces personnes le Commandant Dejond, capitaine du Victory le plus grand vaisseau de la flotte, était devenu la plus haute personnalité de la colonie lunaire. Après une inspection aussi brève que protocolaire, Dejond prit la parole :

- Escadron 4, garde à vous ! Il y a 6 mois, au cours d'une des batailles les plus sanglantes de l'histoire de l'humanité, vous avez fait preuve d'un courage et d'un esprit d'initiative qui dépassent de loin vos fonctions. Voilà pourquoi, à dater de ce jour et suite aux nombreuses pertes que notre confédération a subies, je vous nomme "Gardien et protecteur de la confédération"... Vous voilà donc tous membres de l'escadron 1 de la confédération ! Que Dieu vous protège et vous guide dans votre tâche !

Les Pilotes du nouvel escadron étaient très fier. Ils allaient faire partie de l'élite de l'armée. Il y avait deux honneurs dans la vie d'un pilote. Le premier était de servir sur le victory dans l'escadron 4 appelé aussi escadron Alpha car il était souvant en première ligne lors des combats le second faire partie de l'escadron 1 de la confédération. Ils venaient de faire les deux.

À côté du Commandant Dejond, on retrouvait le Commander Malhax et le lieutenant Nastasi, sa femme ! Ils s'étaient mariés au lendemain de la bataille. Le Professeur Landersen et le Chef Martin sont les autres membres du Victory qui ont participé à la victoire ! Tous ont décidé de rester au service du Commandant Dejond et de la confédération à bord du seul vaisseau capable de tenir la distance contre les Providiens...

Chapitre 1

Quand Wi-dadou descendit de sa navette, on ne peut pas dire qu'il eut un accueil chaleureux, que du contraire ! D'ailleurs il n'était pas de très bonne humeur, après tout sa navette de survie avait dérivé plus de 9 mois avant d'être recueillie par un vaisseau providien qui passait par hasard dans ce coin de la galaxie de Pégasse. La première personne qu'il vit à son arrivée c'est le nouveau Commandant suprême de la glorieuse population providienne ! Les Providiens resembles à des humanoïdes par certain côté. Leur visage est semblable aux notre à l'exception de l'absence total de poil sur leur crâne et le teint grisonnant. Leur corps par contre est totalement recouvert de poils de couleurs variables. Pouvant passer du Noir au blanc en passant par le roux, le brun voir même le rouge.

La couleur des poils de Wi-Dadou s'approchait du rouge avec quelques tache blanche. Ses mains sont, comme tous les providiens, divisés par quatre longs doigts. Tandis que ses pieds comportant six doigts. Les scientifiques de la terre ont longtemps supposé qu'il en était ainsi pour facilité leur progression sur leur terre d'origine dont le paysage est fortement cassé.

- Bonjour Wi-dadou. Je m'appelle Wi-draid et je suis ton nouveau maître, tu connais nos lois, elles sont claires et tu as connu la défaite !

- Jamais vous entendez ! Jamais je ne serai votre esclave ! Moi, qui ai apporté la victoire à notre nation ! Voilà comment je suis récompensé ?

Wi-draid éclata de rire, un rire narquois, presque maléfique qui glaça le sang de Wi-dadou ! Au contraire de Wi-Dadou, Wi-draid était de couleur blanche. Sa taille était supérieur à celle de l'ancien commandant suprême et il était plus large d'épaules. Voilà pourquoi rien que par sa présence Wi-draid imposait le respect. Il était en total contradiction avec Wi-dadou. Là où le premier imposait sa force l'autre arrivait à ses fins par discourt et longue exposé. La soudaine prise de pouvoir de Wi-draid s'expliquait par le fait que personne chez les providiens n'osaient se dresser devant lui. Seul Wi-dadou y arrivait par son intelligence supérieur.

- Par tous les dieux ! Une victoire ? Nous avons perdu presque la moitié de notre flotte, si les humains attaquaient aujourd'hui nous serions probablement exterminés. Et tu appelles cela une victoire... Tu es le seul survivant !

Wi-dadou n'aurait pas été un guerrier il aurait probablement versé une larme à entendre qu'il était le seul survivant. Malgré cela, il eut le courage de soutenir le regard haineux de Wi-draid, il savait par ce regard que les choses avaient changé. Auparavant personne n'eût osé soutenir son regard.

- Si je suis le seul survivant, vous n'avez donc pas les mêmes renseignements que moi ! Sachez mes frères que la Terre n'est plus qu'un tas de cendres, la race humaine est pratiquement exterminée, il ne reste plus que la colonie Lunaire, une poignée d'hommes ! Partons sur l'heure et je vous promets que les humains seront bientôt un souvenir de l'histoire !

- Je me rappelle que tu nous l'avais promis il y a un an... voilà où nous en sommes aujourd'hui !

Wi-Max venait de prendre la parole, il était bien décidé à faire valoir son avis ! Il s'agissait d'un petit être deux fois plus petit que Wi-draid et bien plus vieux. Il osait prendre la parole dans ce conflit car ses congénères était respectueux de son âge et de son expérience militaire.

- Mon frère, dit-il, puisque tu as encore l'audace de nous appeler ainsi, nos familles ont assez souffert de cette guerre ! Laissons ces humains. Et reconstruisons notre monde !

Wi-dadou, ivre de colère, n'en pouvait plus ; de rage il souleva d'une main le conseillé Wi-Max et le projeta violemment contre le mur, rapidement et sans que personne ne puisse vraiment comprendre pourquoi, les centaines de soldats dans le hangar prirent position, les uns rejoignant Wi-draid, les autres Wi-dadou... Aujourd'hui une guerre civile éclate sur Provide et l'issue de cette guerre pourrait bien déterminer la survie de la race humaine

Chapitre 2

- Gabe ? C'est toi ?

Le Commander Malhax faisait souvent des rêves étranges, surtout depuis son accident qui faillit lui coûter la vie. Il ne s'explique toujours pas la présence de cet être étrange qui lui avait parlé dans son coma quelques jours avant l'attaque des Providiens... Régulièrement ce petit personnage volant, vêtu tout de blanc et dont la voix ressemblait étrangement à celle d'un cardinal pendant la messe, venait lui rendre visite. Malhax n'arrivait que rarement à parler avec lui... dans ses rêves il semblait apparaître sans intervenir... Cette nuit-là, pourtant.

- Nataniel ? Comment tu vas ? Ça fait plaisir de te voir ! Tu as l'air en forme ! Mais dis-moi, qui est cette femme dévêtue dans le lit à côté de toi ?

Le Commander n'était plus surpris par la façon dont Gabe s'adressait à lui. Après tout, ne s'était-il pas trompé lors de leur première rencontre ? Croyant s'adresser au Commandant Dejond ?

- Gabe, cette personne est ma femme, elle s'appelle Nastasi, Gaël Nastasi ! Nous nous sommes mariés il y a déjà huit mois.

Gabe semblait intrigué par le lieutenant Nastasi. Il ne comprenait pas la présence de cette femme dans le lit de Malhax. Il s'approcha d'elle et tira d'un coup sec la couverture qu'elle avait sur son corps... Nataniel voulut évidemment protester, lui dire sa façon de penser et surtout lui dire de partir... Gabe lui, se contenta de sourire et de faire ce constat :

- Mais, elle est nue ? Et toi aussi ?

Malhax semblant ne pas faire attention à cette dernière phrase haussa la voix, ce qui d'ailleurs ne sembla nullement impressionner Gabe.

- Dis, vas-tu m'expliquer ce que tu veux au lieu de regarder ma femme nue qui dort ?

- Ne nous énervons pas, et tu as raison je n'ai pas beaucoup de temps... Tu sais que pour que je puisse te parler je dois te plonger dans un état proche de la mort, si cet état est prolongé trop longtemps, tu risques de mourir définitivement, cela a d'ailleurs failli t'arriver sur le Victory il y a quelques mois.

- Tu veux dire que je suis mort ? Là ? Ranime-moi ! Je t'ordonne de...

- Ne dis pas de bêtises, je viens te t'expliquer que tu ne risques rien tant que ton état ne dure pas alors silence et écoute-moi bien ! Je suis ici pour t'offrir une chance de sauver ton peuple !

- Tu veux dire que tu connais un moyen d'en finir avec les Providiens ?

Gabe, regarda fixement Nataniel, on pouvait sentir qu'il faisait de grands efforts pour contenir sa colère, finalement il explosa.

- Vous êtes incroyables les humains, je viens vous proposer de l'aide et vous ne pensez qu'à exterminer une autre race ! Il y a d'autres moyens ! Je me suis pris de sympathie pour votre race... Comme je te l'ai déjà expliqué, j'évolue dans une autre dimension, mes capacités psychiques me permettent de te parler... mais dans les conditions que tu connais ! Ce que tu dois savoir, ce qui est très important, c'est qu'il existe dans une galaxie un appareil permettant de changer de dimension... En clair vous ne seriez plus sur le même plan d'existence que les Providiens ! Tu dois partir, convaincre ta race de rechercher cet appareil ! Soudain, Gabe s'interrompit. Il regarda Malhax et lui pris la main, semblant prendre son pouls. Après quelques secondes il fini par prendre la parole:

Tu n'auras bientôt plus de force. Il est temps que je te laisse... Réveille-toi !

Avant même de dire un mot, Malhax se sentit partir, le visage de Gabe se fit de plus en plus flou, il tenta de résister, de ne pas sombrer dans la torpeur ! Dans un ultime effort il pu encore lui adresser ces derniers mots.

- Gabe, attends !... Donne-moi un indice, dis-moi.... où.... cher...cher.

Avant de disparaître complètement, Gabe lança au Commender Malhax :

- Cherche du côté des Nor It !

Chapitre 3

Le Commender Malhax ne pouvait plus se rendormir, comme sa nuit semblait finie, il sauta du lit et rentra dans son bureau. Le réseau des ordinateurs est à la fois complexe et très simple... Un ordinateur central, une seule base de données et une voix centrale. Que l'on soit sur le Victory ou, comme ici, sur la station lunaire, c'est toujours l'ordinateur central qui traite votre demande.

- Ordinateur peux-tu faire une recherche sur un peuple appelé les Nor Its ?

- RECHERCHE EFFECTUÉE ! IL N'Y A PAS DE PEUPLE DE CE NOM DANS MA BASE DE DONNÉES.

- Est-il possible que ce peuple ne figure pas dans ta base de donnée ?

- RIEN N'EST IMPOSSIBLE ! MAIS C'EST PEU PROBABLE.

- Dans ce cas fais une recherche sur un peuple dont le nom commence par Nor et fini par It.

- VOICI : NORAMALIT NORMALIT NORDONRIT NORWILIT NORTEBALIT NOR XE IT RECHERCHE TERMINÉE.

- Bien ! Élimine les peuplades éteintes et celles qui n'ont pas une avancée technologique compatible à notre air stellaire !

- VOICI LES PEUPLADES RESTANTES : NOR XE IT NORMALIT NORDONRIT.

Malhax passa le restant de la nuit à faire des recherches sur ces trois civilisations, au petit matin il n'avait aucun indice sérieux ! S'il devait entraîner le Victory et convaincre le Commandant Dejond, il lui fallait quelque chose, une preuve qu'il ne cherchait pas pour rien.

- Ordinateur, appelle-moi le Commandant Dejond.

- LE COMMANDANT DEJOND EST JUSTEMENT DANS VOTRE QUARTIER DOIS-JE LUI DEMANDER DE VENIR ?

- Oui, merci !

Quelques instants plus tard Dejond et Malhax se retrouvèrent dans le bureau du Commender !

- Nataniel, je suis content de vous voir ! Vous ne devinerez jamais qui vient nous rendre visite ?

- Probablement pas ! Mais vous devez savoir quelque chose, j'ai reçu une visite...

- D'un Angelmard, oui je sais ! C'est pour cela que je viens vous voir... Suivez-moi.

Malhax suivit Dejond dans un long couloir sombre... il est vrai que la colonie Lunaire est assez sinistre. Nataniel se surprit même à regretter le confort de sa chambre sur le Victory. Rapidement, Le Commandant et Malhax sortirent du secteur des résidences pour se rendre au Centre de Commandement de la "Nation Humaine". Avant de franchir la dernière porte qui les séparait de la salle de réunion, Dejond se retourna vers Mallax et lui lança :

- Attendez-vous à une surprise !

La porte s'ouvrit et, effectivement, Malhax eut une incroyable sensation... Instinctivement il voulut sortir son arme, mais Dejond l'en empêcha.

- C'est impossible non, pas lui !

- Ne faites pas cette tête là, Commander, vous allez me vexer.

Cette voix était celle de Wi-dadou, le responsable de l'extermination de la planète Terre. Malhax ne pouvait plus se contrôler, la haine était trop forte, il bouscula Dejond, frappa les gardes qui s'interposaient devant lui... Il sortit son arme et menaça Wi-Dadou. Celui-ci sembla rester très calme... Un calme presque terrifiant.

- Alors ? Ça fait quoi d'être menacé par une arme ?

- Personnellement cela ne me fait rien, mais vous semblez y prendre un certain plaisir.

- Je serai plus heureux encore quand vous serez mort.

Très calmement Wi-dadou repoussa du doigt l'arme du Commender et le regarda droit dans les yeux avant d'éclater de rire.

- Ah ah ah, je crois que vous devrez attendre un peu, pas vrai Commandant Dejond ?

Celui-ci répondit du fond de la salle.

- En tout cas pas pour le moment ! Commender, laissez-le, je vais vous expliquer !

Malhax voulut protester mais avant qu'il ne puisse ajouter un mot, Dejond commença son explication.

- Les Providiens sont en pleine guerre civile, Wi-dadou a été chassé par Wi-draid qui a pris le pouvoir ! Notre ami Wi-dadou nous propose ses services en échange de notre protection !

- Mais Commandant ! Envoyez-le à Pluton, notre prison. Il y sera en sécurité et le premier à mourir en cas d'attaque.

- J'y ai bien pensé effectivement mais je me suis dit qu'on pouvait écouter ce qu'il a à dire ! Allez-y Wi-dadou on vous écoute !

Chapitre 4

Wi-dadou sourit... Il savait qu'il avait partie gagnée... Il se permit même de toiser Dejond et de narguer Malhax.

- Eh bien, le grand Malhax et le Commandant Dejond, obligés d'écouter un Providien ! Qui l'aurait cru ? Finalement je me demande si je fais bien de confier un si terrible secret à des êtres humains.

Le calme de Dejond avait ses limites. Presque d'un geste instinctif il sortit son arme et la dirigea vers Wi-Dadou.

- Tu as raison, si je te descends tout de suite je crois que je gagnerai beaucoup de temps.

Wi-dadou redevint rapidement moins fier et la peur apparut de nouveau sur son visage poilu.

- Bien, bien, ne nous énervons pas ! Je suis ici pour vous faire une offre qui ne se refuse pas.

- Eh bien, explique-nous, fit Malhax de plus en plus énervé par l'attitude de cet individu.

- Voilà, je ne vous l'apprends pas, j'ai perdu mon poste de Grand conseiller au Parlement Providien ! Wi-Draid a pris ma place à la suite d'une courte mais intense bataille.

Dejond sourit.

- Tu nous en vois vraiment attristés pour toi... Mais si tu n'es plus le chef du gouvernement Providien je ne vois pas pourquoi nous t'écoutons.

- Avez-vous entendu parler de la Regrapia ? Une machine qui permet la mise hors phase d'une planète. En d'autres termes, cette machine permet à celui qui s'en sert de changer de plan d'existence... Par exemple les Providiens et les Humains ne pourraient plus se croiser et vivre en paix !

Le Commandant Dejond ne savait que penser. L'idée qu'il existe quelque part une machine capable de modifier le plan d'existence d'une race lui semblait irréelle ! Il ne devait cependant pas oublier ce qu'il y avait en jeu la survie de l'espèce humaine. C'est Malhax qui posa la première question :

- Et tu sembles savoir où se trouve cette machine ?

- Je crois qu'elle se trouve sur la planète des Normalits, une lointaine civilisation dont on ne retrouve trace que dans les livres anciens.

Dejond voulut en finir au plus vite avec la conversation afin de pouvoir parler seul à seul avec le commander Malhax.

- Que nous proposes-tu exactement ?

- Je ne suis pas difficile, aidez-moi à reprendre ma place au sein du gouvernement providien et je vous aide à retrouver la Regrapia.

- Tu t'imagines bien qu'une telle décision ne concerne pas que moi, je dois consulter moi aussi mon gouvernement et...

- Allons, allons, nous savons bien tous les deux que c'est toi le chef du gouvernement depuis que j'ai fait exploser la terre...

Dejond serra les dents...

- Ça, je ne suis pas prêt de l'oublier ! Je te donnerai ma réponse dans deux heures... en attendant profite du confort de ta cellule.

Que faire ? Le Commandant Dejond et le commander Malhax se retrouvèrent dans le bureau du Capitaine de garde, une petite pièce attenante à la salle de réunion. Les deux hommes se regardèrent silencieusement durant quelques minutes. Ensuite le Commandant Dejond se mit à tourner en rond, répétant à chaque fois que son regard croisait celui du Commander :

- Que faire ?

Au bout d'un moment, Malhax intervint :

- Monsieur, je crois que nous devons l'écouter. Je peux vous dire qu'au moins en ce qui concerne la Regrapia il ne ment pas !

Surpris, Dejond s'arrêta et fixa le commander.

- Comment ça ? Avez-vous des preuves qu'il ne nous ment pas ?

- Pas exactement, disons que j'ai eu une vision et que Gabe, l'Angelmard, est venu me voir.

- Si je comprends bien vous me demandez de faire confiance au pire ennemi de l'humanité sur la base de votre vision et de la visite d'un individu invisible ?

Malhax eut un petit rictus, mais hésita à répondre. Finalement, après quelques secondes d'hésitation, il répondit simplement :

- Oui !

Le grand guerrier qu'était Dejond, n'aimait pas traîner dans les décisions, comme il le dit souvent "les grandes batailles se gagnent en une seconde". Voilà pourquoi Malhax n'était pas surpris quand son supérieur l'invita à se rendre avec lui dans la cellule de Wi-dadou. Celui-ci était debout, Toisant ses geôliers de sa grandeur. Il était, du moins le pensait-il, en position de force et il utilisait cette position à merveille.

- Alors, Commandant Dejond, vous êtes venu m'annoncer que je fais partie de votre équipe ?

Dejond lui répondit tout de go :

-Non, je suis venu vous annoncer votre exécution. Vous comprenez bien qu'aux yeux du monde je ne peux pas accorder ma confiance au responsable du massacre de 6 milliards d'êtres humains !

Les Providiens n'étaient courageux que lorsqu'ils étaient sûrs de remporter la victoire, au moindre doute, leur courage s'évaporait comme neige au soleil. Wi-Dadou, ne faisait pas exception à la règle. À l'annonce de sa mort prochaine, Wi-dadou devint livide.

- Mais ? Je pensais vous avoir convaincu ! Je suis votre seule chance de retrouver la Regrapia !

- Vous n'avez pas de chance, mais le Commander sait où il se trouve.

Wi-dadou s'emporta.

- C'est faux ! Vous bluffez ! Que dois-je faire pour avoir la vie sauve ?

Dejond triomphait, il attendait ce moment depuis un an, depuis l'attaque et la destruction de la terre. Malhax lui, restait passif, en retrait. Il ne savait pas où le Commandant voulait en venir.

- Il y a bien une chose que vous pouvez faire. Donnez-moi la garantie qu'une fois votre trône restitué, vous signerez un traité de paix permanent entre la terre et les humains. Je veux que vous vous engagiez à ne plus jamais attaquer la terre, à rester dans votre galaxie et pour vous engager à respecter ce petit accord, je vais vous inoculer un virus dormant. Si la terre doit subir la moindre attaque des Providiens, s'il arrive quelque chose à moi ou à l'un des membres de mon équipage quand nous serons à bord du Victory, notre ordinateur vous tuera. Est-ce clair ?

Wi-dadou était livide, il était fait, fait comme un rat, il était venu pour récupérer son bien, le voici esclave des humains.

- Je suis bien obligé d'accepter. Mais vous ne l'emporterez pas au paradis. Quand partons-nous pour Provide ?

Malhax intervint à ce moment-là pour lui lancer avec un sourire :

- On s'est mal compris, Wi-dadou, nous partons à la recherche de la Regrapia. Vous récupérerez votre trône après. Eh oui, je vous nomme conseiller du Victory, dès que le médecin de vol vous aura jugé apte au décollage vous rejoindrez votre poste.

À nouveau seuls, Dejond et Malhax éclatèrent de rire :

- Ah ce Wi-dadou, on le manipule comme un rien !

- Commadant Dejond, pensez-vous vraiment que nous avons besoin de lui ?

- Sur le Victory, nous aurons certainement à faire avec les Providiens. Il peut nous être utile. Et puis on ne sait jamais, peut-être qu'à vous deux vous trouverez la Regrapia.

- Et... ce virus ?

- Pur fruit de mon imagination. Nous n'avons pas ce genre de virus, mais tant qu'il ne le sait pas...

Deux jours plus tard, et quelques heures après le lancement de "l'Impérial" qui a pour but de protéger la lune durant le voyage du Victory. Nous voici dans la salle de commandement du Victory pour le départ et la recherche de la Regrapia.

- Ici le Commandant, tout le monde à son poste, notre première étape sera la colonie médicale de Titan.

Malhax finit de donner ses ordres et se retourna vers Nastasi, son épouse et le lieutenant de pont du vaisseau. Ils étaient tous là, Wi-dadou, l'allié de fortune, le docteur Landersen, médecin de bord, le lieutenant Nastasi, le chef Martin, et bien sûr, Malhax et Dejond les deux officiers. Tous avaient juré de ramener la Regrapia et la paix dans la galaxie, chacun avait pourtant des motivations bien différentes.