Le petit village de Clairmont ressemble à tous les autres. Il n'est pas plus beau ou plus laid. Les habitants n'y sont pas plus gentils ou plus méchant qu'ailleurs. Comme tous les villages il possède sont lot d'histoires insolites, d'intrigues. Les Clairmontois vivent une existence paisible entrecoupé de festivités et de visite royale. Le Duc D'Enghien, vassal du roi de France n'est pas plus méchant ou meilleurs qu'un autre. Quand il doit lever l'armé si l'Ost est appelé, il prend d'abord les volontaires, ensuite si le nombre lui manque il demande aux jeunes issus de familles nombreuses de le rejoindre. Si la chaire à canon s'en sort vivant après le combat et que l'issus est favorable au roi de France, le seigneur n'hésite pas à les récompenser généreusement.

Pourtant, c'est dans ce village visiblement anodin que j'ai eu l'occasion de faire mes premières armes. Je m'appelle Louis et je suis mandaté par le Roi de France sur l'ordre du garde des Seaux Guillaume de Nogaret. Pourquoi moi? Je passais par là, je n'avais ni famille ni argent. J'étais un anonyme, un geux parmi une série d'autre. Le Roi Philippe IV s'était mis en tête d'apporter une plus grande justice pour le peuple. Voilà pourquoi des personnes comme moi avons reçu pour mission d'aider et autant que possible d'élucider les différents crimes dont peuvent être victime le bon peuple français. Je me suis donc rendu à Clairmont, un petit village comme il y en a tant d'autre, pour trouver le responsable d'un tueur en série.

Il s'agissait de ma première mission. Le cas n'est pas simple du tout et je me demande vraiment ce qui est passé par la tête de notre roi et de son garde des seaux. Pourquoi tout à coup s'intéresser à la mort de personnes? C'est quoi la mort? Qu'elle est la valeur d'une vie? Un tiers des mères meurent en couche, un enfant sur deux meurt à la naissance et je ne parle pas des pendus pour hérésie, des torturés par le plaisir des Juifs ou des templiers. Alors, pourquoi tout à coup s'intéresser à des morts assassinés sans raison? L'assassin en avait peut-être une bonne de raison?

Cette première affaire se rapportait à la mort de trois jeunes filles retrouvée nue et morte dans une des ruelles du village. Je ne savais pas pour où commencer. Qui irais-je voir? La victime ne me parlera pas. Donc j'excluais d'emblée l'idée de me rendre à son chevet, dans la maison où son corps était exposé pour qu'on puisse lui rendre un dernier hommage. Quelle idée absurde ! On rend hommage au roi, aux contes, aux duc, aux Barons et éventuellement aux personnes d'églises, mais à une paysanne ? Franchement le monde changeait bien vite. Pour ne rien faciliter les trois victimes s'appelaient toutes Marie. Il faut dire que ce prénom est aussi fréquent que les rats en ville. Charmant, vraiment. Pour les distinguer plus aisément, je décidais de leur donner le nom du métier de leur père. Il y avait donc marie là Boulangère, Marie la paysanne et Marie la négoce. C'est au domicile de cette dernière que je décidais de me rendre. Je me retrouvais donc devant une vieille battisse presque en ruine un vieux chien faisant mine de garder la maison me dévigeaga durant quelques secondes avant de se coucher et de sombrer dans le sommeille. Une dame d'un certain âge visiblement passé la quarantaine se présenta devant moi. Elle semblait avoir été belle dans son jeune temps, mais aujourd'hui elle n'a presque plus de cheveux, il lui reste deux dents et sa poitrine offre l'avantage qu'elle nettoie le sol quand elle marche. Je ne parle pas de ses vêtements qui ressemblaient plus à des locs en fin d'usage plutôt qu'à des vêtements dignes de ce nom. Elle s'adressa à moi dans un patois difficilement compréhensible. Cela devait donner quelque-chose comme ceci :

- crénom, vl'a ti pas un beau mâle qui nous arrive !

- bonjour à toi paysanne fis-je d'une voix joviale. Je suis ici pour enquêter sur la mort d'une de tes filles.

- Laquelle? demanda-t-elle incrédule?

- Marie ! répondis-je

- Ah ça, et pourquoi que le roi s'intéresse à n'ote pauvre Marie?

- Le roi a ses raisons que nous n'avons pas à connaître; répondis-je, ne sachant quoi dire