La première partie de la nuit se passa dans le calme. Jusqu'au moment ou plusieurs d'entre nous dans le dortoir, crûmes entendre des explosions. Gaston et moi bondîmes hors de notre lit et nous nous dirigeâmes vers la cours extérieur. Là le capitaine Naessens et le sergent Van Messelen donnait des ordres à différent soldats qui, comme nous eurent la mauvaise idée de se lever.

- Caporal venez ici, hurla le capitaine. Comme vous et votre camarade êtes levé vous allez pouvoir m'être utile. Prenez deux hommes et allez renforcer l'aile nord du fort jusqu'à ce qu'on vous relève.

Cette fois c'était parti; j'allais pouvoir montrer ma valeur et servir mon pays. Une sorte d'euphorie régnait au fort; Chacun d'entre nous était volontaire pour les missions les plus dangereuses quelques heures plus tard nous avons reçu la confirmation que l'invasion avait commencé. Le général Léman et tous ses braves essayaient tant bien que mal de repousser l'ennemi. Je ne l'appris que bien plus tard, mais les force allemandes ne reçurent pour ainsi dire, pas d'opposition jusque Liège. Le chaos le plus total régnait entre nos lignes. Certains civils, voyant l'armée allemande s'avancer sans résistance sur le territoire belge croyaient simplement que le gouvernement avait autorisé leur passage.

A Liège par contre l'état d'esprit était tout autre. Les gens étaient fanatiques, persuadés qu'ils étaient de pouvoir chasser l'ennemi sans difficulté. Les troupes allemandes reçurent leur première riposte assez tôt dans la matinée du 4.

Durant cette journée, ma mission principal était de servir de relai entre les forts de Loncin et de Barchon. Je fis donc plusieurs fois la navette en voiture en compagnie de mon ami Gaston Lisac. A chaque visite je rapportais des nouvelles de l'avancée des troupes allemandes. En général il s'agissait de mauvaises nouvelles. La percée allemande se faisait de plus en plus net ! Vers midi on pouvait dire sans problème que l'invasion allemande était une réussite, du moins de leur côté. Il ne leur fallut que quelques heures pour réparer des ponts ou déblayer des rues que nous avons mises toute une nuit à détruire. Nous devions nous rendre à l'évidence notre équipement et notre armement avait au minimum une guerre de retard. Nous aurions pu riposter valablement aux troupes de Napoléon, pas contre la puissance allemande.

Le Capitaine Naessens, à qui je rendais compte, se doutait déjà bien que notre résistance serait brève et inefficace