Il n'en pouvait plus, cette souffrance chaque fois qu'il la voyait, son regard semblant lui demander "pitié", ses hurlements toutes les nuits, sans compter que sa raison et son moral étaient au plus bas à lui aussi.

Il se trouvait au bas de la porte de sa maison, la clé de la serrure en main, hésitant, tremblant à l'idée de la revoir, encore plus malade que ce matin. La personne qui la soigne lui avait dit "elle n'en a plus pour longtemps"... Voici 5 mois déjà. Toujours la clé, des sueurs froides.

La peur !

Il repense à tous ces moments de bonheur passés avec elle, 15 ans de joies ininterrompues, des balades dans le pré, des journées à la mer ou à la montagne… Il prit une grande respiration, « cette fois je rentre et j’en termine ».

La porte, pas de bruit… Le hall, mais qu’il est long ce hall ! Il passe par la cuisine prendre un verre d’eau, toujours ces sueurs froides… De la chambre, il perçoit un bruit, elle est là ! Couchée, en attendant sa fin proche.

« Il le faut, pour moi, pour elle, il le faut ! »

Il but son verre d’un coup, encore un… Un nœud dans l’estomac, il prit la seringue de produit létal, direction la chambre. Le silence. Il doute, fait demi-tour, se dirige vers l’armoire à alcool, il lui faut quelque chose de plus fort. Une vodka, une deuxième. En finir vite, elle ne souffrira plus !

Mais il l’aime tellement, un amour infini ! Mon Dieu qu’il l’aime. Il reprend la seringue, se dirige vers la chambre, la porte est ouverte, il entre ! L’amour ! Elle est là, couchée, elle le regarde, elle comprend. Il doute ! Et puis il y a les conséquences. Les voisins, que répondre aux questions « comment elle va ? » Elle est mourante, mais a-t-on le droit de la tuer ? L’amour ! Un regard, elle l’implore. Il faut en finir, pour elle !

Il s’approche d’elle, une caresse, un regard, il la pique. Merci, ces petits yeux humides lui sont reconnaissants. Le silence. Il repense au moment où ils se sont rencontrés voici 15 ans, dans un chenil de la région, elle tétait sa mère, un magnifique labrador, un regard, un coup de foudre. Un regard, un adieu. Elle ne sera pas incinérée, elle aura une belle tombe au fond du jardin. Un dernier regard, c’est fini. Pas de larme, il le fallait. Une pelle, un jardin, une tombe. Un hommage !

Il sort, prend la direction du sud, quitte la ville, direction le chenil. Là, un petit chiot. Un regard, un coup de foudre, une histoire se termine, une autre commence…

Un geste d’amour, un meurtre, une vie, une mort… Un petit crime sans conséquence.