Durant les cinq heures qui nous séparaient des conclusions du docteur Largusen, j'en profitais pour faire le tour du propriétaire. L'endroit où je me trouvais était construit essentiellement en sous-sol. Notre bureau se situait au niveau moins dix-huit. Dans l'ascenseur certains étages m'étaient interdit. IA1 m'informant qu'il n'était pas important pour moi de visiter tous les bureaux des cents-dix étages que composaient le bâtiment. Je réussis néanmoins à faire la rencontre avec plusieurs personnes fort intéressante. Je croisais donc au hasard des couloirs, plusieurs prêtes, des scientifiques, des adeptes de différentes sectes, des journalistes,...

Quand je les interrogeais sur la raison de leur présence dans les lieux, tous me répondaient la même chose.

"Nous sommes ici en quête d'informations." Visiblement ils n'étaient pas bavard et je commençais à croire que je n'aurais plus jamais de vie sociale. C'est au détour d'un couloir que je tombais sur Nancy Fontaine, l'une de mes collaboratrices. C'était une femme assez jeune, environ vingt-cinq ans, les cheveux bruns et long, la taille mince et des jambes fines et sportives. Je crois pouvoir dire que Nancy était une jolie femme. Dès qu'elle me vit, elle s'approcha de moi et me fixa du regard avec un large et splendide sourire.

- "Alors, monsieur Leburton, vous visitez? Et sans Nicolas?" M'interrogea-t-elle en me prenant par le bras comme pour m'inviter à marcher avec elle.

- " difficile de trouver une personne sympathique pour discuter et Nicolas est resté auprès de Lars Largusen pour les analyses du crâne." Fis-je d'une voix aimable.

Nancy éclata de rire et continua à me tirer par le bras. Je me trouvais soudain dans une pièce sombre, composée d'un long fauteuil en cuire brun, une table et six chaises de bois. Sur un petit meuble en verre se trouvait une télévision grand-écran et tout le matériel pour visionner des films.

- "Je vous présente le salon. Chaque service ici en dispose d'un . C'est l'endroit où l'on se retrouve à l'abris des regards d'IA1" La voix de ma jeune et belle collaboratrice était enjouée et agréable. Elle me fit faire le tour du propriétaire et j'en profitais pour découvrir le frigo, le congélateur ainsi que la petite cuisine. Oui vraiment il ne manquait rien. Mis à part la présence de ma femme, que l'amabilité de Nancy ne parvenait pas à me faire oublier.

Je crois qu'elle perçue ce mal-être et que c'est pour cela qu'elle m'invita à m'asseoir sur le canapé. Je ne m'étais plus retrouvé dans cette situation depuis des années, bien avant mon mariage. Ses gestes et sa présence me mettaient de plus en plus mal à l'aise. Je me sentais soudain envahis par une étrange sensation. Même si j'étais bien et en agréable compagnie je voulais sortir d'ici. J'étais loin de chez moi, séparé à jamais de ma femme et obligé à travailler pour une société si secrète que j'en ignorais pratiquement tout. Mais, je restais là, en compagnie de ma collaboratrice à parler de banalité et en sirotant un verre de champagne qu'elle avait débouché.

- " Je sais ce que vous ressentez en ce moment" fit-elle en s'asseyant près de moi sur le canapé.

- " Vous croyez ?" demandais-je en ne pouvant pas détourner mon regard de ses superbes yeux aux couleurs enivrante.

- " ça ne doit pas être facile d'avoir l'obligation de tout quitter sans pouvoir donner la moindre explication à ses proches. Moi en tout cas je le vivrais très mal" Enchaîna-t-elle en nous resservant un verre de ce délicieux champagne.

- " Je n'ai pas perdu espoir de revoir ma femme un jour. Mais j'avoue être intrigué par cette organisation et j'ai envie d'en savoir plus"

- "ça commence toujours comme ça ! On pousse la porte on rentre pour jeter un oeil et hop on ne part plus jamais. "

- "Sauf qu'ici on m'a poussé à l'intérieur sans mon avis." répondis-je sans cacher ma colère.

Elle tendit la main pour prendre la bouteille de champagne posé sur une petite table puis s'approcha de moi. Elle remplit à nouveau nos verres avec délicatesse. Ensuite elle me regarda intensément dans les yeux. La dernière fois qu'une femme m'avait regardé comme cela, elle avait fini dans mon lit. Pourtant, même si l'envie ne manquais pas, je restais de marbre. Après un court silence elle dit enfin

- " Vous savez, IA1 est le plus grand ordinateur du monde. Elle a analysé des milliers de données et inspecté des centaines de vies avant de vous choisir. Si vous êtes ici, c'est qu'elle est persuadée que vous serez très heureux ici." Elle se redressa brusquement et pris la direction de la porte.

- au fait ! Lança-t-elle en me jetant un regard par-dessus son épaule. Mes yeux sont verts et moi aussi je vous trouve sympa.

Elle me laissa seule avec mon champagne et mes interrogations