- Bonjour monsieur Bye, je suis Paul, votre nouveau psychanalyste. Nous allons travailler un petit peu ensemble vous êtes d'accord?

Ben tiens, si je suis d'accord? Je n'ai pas trop le choix. Je suis couché sur un lit, sanglé comme du saucisson bon marché et bourré de tranquillisant. J'aurais beau ne pas être d'accord, qu'avec la dose qu'ils m'ont donné je m'en foutrais royalement. Pourquoi j'en suis là? Demandé à Miss Tylor. Elle est apparue devant moi comme ça sans prévenir. Alors, vous pensez, je lui ai sauté au cou.

Est-ce ma faute si j'ai commis une légère erreur et que j'ai étranglé un malade? Après tout, cette dame était folle, elle a du croire à un jeu. D'ailleurs elle riait. Et comme je croyais qu'elle était mon ennemie jurée, j'ai pris ces rires pour de la provocation et j'ai serré plus fort. Il aura fallu quatre infirmiers et une forte dose de médicaments pour me maîtrisier. Il parait que c'est un record dans cet hôpital. Je l'ai toujours dit, quand on veut, on peut!.

ceci explique donc pourquoi je dois suivre une thérapie avec Paul. Qui même s'il est gentil, reste prudent et a demandé que je sois attaché.

- Depuis combien de temps avez-vous des visions?

- Des visions? Mais je n'en ai jamais eu !

- Vous avez bien sauté au cou de cette pauvre femme, vous m'avez dit que vous croyez qu'il s'agissait de votre ennemie?

Ces questions, j'ai l'impression de revenir quatre ans en arrière!

- Oui j'ai cru que c'était Miss Tylor ! Et alors, vous ne vous trompez jamais vous? Ce n'est pas pour cela qu'on vous attache.

- Non, mais je n'étrangle pas une inconnue sous prétexte que j'ai crus la reconnaitre.

- Eh bien vous avez tort! Moi j'ai fait ce que je devais faire

Plus j'y repensais et plus j'étais certain qu'il s'agissait de Miss Tylor. Elle avait le même nez, les mêmes yeux, la même poitrine accueillante. Et si c'était vraiment elle? Et qu'on m'avait drogué une fois de plus alors que j'étais sur le point de mettre un terme à tous mes problèmes?

- Monsieur Bye, Pourquoi êtes vous si certain que nous cherchons à comploter contre vous?

- A votre avis? Car c'est vrai. On me l'a dit.

- c'est vrai, car on vous l'a dit? Et qui vous l'a dit? Vos visions? Miss Tyllor?

Oh ces questions, j'en ai vraiment assez! Il va finir par me mettre un doute. Serais-ce possible d'inventer une histoire pareil? Est-il possible que je perde la tête? Si c'était le cas, il serait normal de m'enfermer.

- Docteur vous pensez vraiment que je suis fou?

- Je n'aime pas ce mot, disons plutôt que votre intellect à imaginer une histoire et vous vous y raccroché comme vous pouvez.

- Que dois-je faire?

-D'abord, reconnaître que Miss Tylor n'a jamais existé, que vous n'êtes jamais sortis d'ici depuis quatre ans. Que vous n'êtes pas marié et que vous n'avez jamais eu de famille.

Nier? Nier toute ma vie? Reconnaître que tout ce qui m'est arrivé, depuis ces dernières années, ne s'est jamais produit? Voilà tout ce que Miss Tylor a trouvé pour me garder ici. J'en étais sûr ce docteur est dans le coup lui aussi. Mais je ne vais pas me laisser faire, je vais résister, lutter jusqu'à mon dernier soupire s'il le faut. Mais je prouverais que je ne suis pas fou.

Mais d'abord libérez-moi ! Laissez-moi sortir de cet hôpital. Il faut que je sorte, que je continue mes recherches il faut que...

Couché sur un lit les mains attachées je vis le docteur Paul se pencher vers moi et me dire

- Bonjour, vous avez encore eu une petite crise de nerf, j'ai dû vous faire une piqûre de calmants. Vous voulez en parler?